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mardi 25 avril 2023

Journal de bord, page 81

A vrai dire nous avons quitté la Guyane avec un grand ouf de soulagement, la vie y était douce mais un peu trop bruyante, nous garderons d'excellents souvenirs de nos quelques semaines passées là bas

Nous avons laissé derrière nous la Guadeloupe, notre escale d'une nuit, franchement c'est joli comme tout autant à terre que vue depuis le ciel



Il faut dire qu'en Guyane les étoiles n'étaient pas alignées comme il faut, le travail de Jean-louis ne lui donnait pas satisfaction, on ne trouvait pas de logement agréable ni de voiture à louer pour la période, malgré mes nombreuses candidatures rien n'a abouti, on s'est dit que c'était une parenthèse sympa pour passer l'hiver mais qu'il fallait aller de l'avant si nous voulions mieux, si nous voulions quelque chose qui puisse nous correspondre

Nous avons eu un coups de coeur pour la baie du Gosier, la lumière fabuleuse et la propreté de ses plages





Nous avons pris un petit avion très sympa pour un vol d'une quarantaine de minutes qui nous a vu atterrir à St Martin, presque en haut de l'arc des Antilles et en face des îles vierges





Il n'aura fallu à mon compagnon que 48 heures pour trouver un nouveau job et il ne fallait pas manquer cette nouvelle fenêtre ouverte sur un autre chapitre, ça serait l'occasion une fois sur place de prospecter et de créer des contacts

Vue depuis le balcon de notre appartement


Comme par enchantement tout s'est mis en place assez facilement, le logement loué habituellement pour les congés nous était proposé à un prix bien inférieur à celui qui se pratique, nous avions un emplacement idéal où nous poser pour les mois à venir, une terrasse avec une vue imprenable sur l'océan tout proche, le souffle des alizées chaud et doux, clairement il n'y avait pas photo


Chaque matin levé à 5h15, ici on commence tôt la journée mais on la finit tôt aussi

Au loin l'un des nombreux super yacht,  la richesse s'étale partout

 
En arrivant à l'aéroport la première chose qui nous frappe ce sont ces mégas super yacht alignés en rang d'oignon dans la baie


et les nombreux avions privés

Nous nous sommes rendus dans le petit centre ville à 20 mn à pied, nous ne sommes pas véhiculés pour l'instant alors lorsque nous nous déplaçons nous prévoyons les gros sacs à dos pour faire le plein de courses, nous irons prochainement nous promener du côté hollandais où l'on nous a indiqué que les prix sont plus intéressants

Sur le chemin


Nous avons été déçus de ne pouvoir peaufiner notre parcours de visites prévues en Guyane mais il faut se dire que c'était ainsi que ça devait se dérouler et qu'il ne faut rien regretter, nous aurons vu de belles choses et nous en verrons un millier d'autres dans les mois à venir

Saisir une balle de coton en passant


L'île de St Martin est surtout connue pour être un spot de vacances privilégié des touristes et surtout des touristes très très fortunés mais ça n'est rien à côté de St Barth ou nous irons bientôt, il y fait une température quasi constante et évoluant peu, en gros 22 ° le matin et 26/27° l'après-midi, la chaleur n'est pas épuisante comme en Guyane et surtout il y a l'océan avec ses camaïeux de bleus fantastiques

Que ce soit au couchant ou au levant, la baie est sublime




Tout au fond de la baie on remarque des bâtiments éventrés et des cocotiers partiellement couchés ou étêtés, cicatrices encore visibles de l'ouragan Irma qui avait détruit presque 95% de la partie française de l'île en 2017, il avait été classé dans la catégorie 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson, une semaine avant c'est l'ouragan Harvey de catégorie 4 qui avait frappé l'île






Je suis passée de l'autre coté de l'île pour saisir ce joli panorama


Irma a aussi détruit 10% du parc coralien de l'île, un peu plus loin sur le bras de mer on remarque des morceaux de coraux détruits, j'ai fait ma petite cueillette


Je viens juste de prendre cette photo de la baie sous la pluie, depuis ce matin l'orage tourne, gronde, claque, j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir aller jusqu'à la pointe de la baie que l'on devine sur la photo, ça fait une trotte à pied mais marcher me fait beaucoup de bien, je me suis aussi remise au sport trois fois par semaine je pratique la natation et le yoga, j'y vais doucement histoire de me remettre en jambe avant de durcir les choses



mardi 4 avril 2023

Livre de bord, page 77

Saint Laurent du Maroni,  coordonnées GPS 5°26'21.9"N 53°58'10.1"W
Le temps est couvert et pluvieux, il fait lourd

Nous avons pris la route en milieu de matinée pour rejoindre Saint Laurent du maroni qui se trouve à proximité de la frontière avec le Suriname où d'ailleurs dernièrement il y a de nombreuses échauffourées à cause de l'augmentation du coût de la vie et de la pauvreté qui sévit dans ce pays frontalier, la route est tranquille et l'on rencontre peu de véhicule, la nature est beaucoup moins exubérante dans cette partie de la Guyane


C'est la deuxième plus grande ville après Cayenne à cause d'une forte croissance de sa démographie et il est dit ici qu'elle pourrait bien dépasser Cayenne d'ici quelques années, pour autant, elle n'en a ni le charme ni le calme et bien malheureusement ressemble plus à une ville dortoir où les bâtiments principaux tombent en ruine, quelques jolies demeures colorées arrivent à sauver quelque peu l'image que l'on reçoit au premier abord, ce qui surprend c'est que tous les bâtiments du moindre appartement au petit magasin, tous sans exception sont barricadés comme des forteresses inviolables, je ne connais pas le climat social de ce bout de France expatrié en Guyane mais franchement, c'est à se demander si la violence est inhérente ici et partout aux alentours









Nous voulions aller découvrir la ville et son marché, c'est toujours intéressant de découvrir des étals remplis de couleurs et de fruits et de légumes magnifiques, les prix y sont quasi identiques à ceux pratiqués à Cayenne ou à Kourou, d'ailleurs c'est dans cette dernière que de nombreux surinamais viennent vendre leurs fruits et légumes cultivés sur des parcelles qu'ils exploitent illégalement ici en Guyane, récemment un contrôle de police a permis d'établir 22 PV d'infractions sur 25 vendeurs, ça fait beaucoup pour un si petit marché




Nous en avons fait le tour un moment car nous cherchions un endroit où nous poser et nous avons mis un certain temps à trouver un petit resto sympa et agréable rempli de métropolitains, juste à côté les bâtiments de l'armée



Saint Laurent du Maroni est une ancienne colonie pénitentiaire appelée aussi camps de la transportation, c'est ici que l'on acheminait les bagnards dont souhaitait se débarrasser le gouvernement de l'époque, c'était une main d'oeuvre gratuite et corvéable à souhait qui a participé à la construction de nombreux bâtiments locaux, c'est ici qu'a été accueilli le plus célèbre prisonnier connu sous le nom de papillon, Henri Charrière magistralement interprété par un Steeve Mac Queen au sommet de sa gloire... une fois libérés, les condamnés restaient sur place pour la même durée que leur condamnation pensant pouvoir revenir au pays après leur libération définitive mais ça n'était pas le cas, certains ont survécu quelques temps dans le dénuement le plus total, d'autres ont réussi à s'en sortir malgré tout 



Un reportage de 1963 rapporte la vie du bagne avec des images d'époque (lien ici) 



Nous aurions aimé visiter l'intérieur des bâtiments mais ils étaient fermés, nous espérons pouvoir y revenir dans les semaines à venir

La surpopulation carcérale n'était pas un mythe et comme dans les camps concentrationnaires de l'époque, il fallait accueillir toujours plus de criminels





La cuisine du bagne


et son lavoir



Derrière ces hauts murs, la partie du bagne inaccessible aux visiteurs 



Non loin des bâtiments se trouve un quai en bordure du fleuve Maroni d'où partent de nombreuses excursions, une statue d'un bagnard comme un rappel à l'histoire 


La petite place était sous le soleil quelques minutes avant, nous avons vu la pluie arriver depuis le dôme de la forêt amazonienne toute proche et nous avons couru nous abriter avant qu'elle n'arrive, sous la gloriette un barbecue s'organise


Sur le fleuve Maroni on remarque quelques bateaux pour certains abandonnés, là bas au centre de la photo la carcasse d'un vieux bateau sert de lieu de vie pour la végétation qui en a pris possession, des barques à moteur font la traversée jusqu'à l'autre rive du fleuve plus sauvage, dans ce coin la population amérindienne est très présente 



Nous revenons sur nos pas par une autre rue



Les bâtiments administratifs attenant


En face des maisons cossues joliment entretenues sans doute occupées par de riches fonctionnaires français




Un peu plus loin près du parking




L'église, l'un des seuls bâtiments indiqués sur les guides touristiques mais fermé aux visiteurs


Il suffit parfois de quelques rues pour changer totalement d'environnement



La visite se termine ici et nous sommes pressés de rentrer, nous avons deux bonnes heures pour faire la route en sens inverse mais avant nous avons prévu un petit détour pour nous arrêter dans un lieu de sauvegarde des tortues, je vous en parle dans un post à venir

Sinon je vous conseille le superbe reportage proposé par Disney "la forêt amazonienne, notre terre", c'est un fort beau documentaire sur les peuplades indigènes qui occupent l'Amazonie et qui souffrent des ravages de la déforestation